“Meilleur taux” vs TAEG : le piège classique (et comment l’éviter en 10 minutes)

0
Meilleur taux vs TAEG

Vous voyez une pub “taux canon”, vous comparez deux simulations… et vous vous dites que l’offre A est forcément la meilleure parce que son taux est plus bas. Sauf que le taux nominal n’est qu’une partie de l’histoire : ce qui fait souvent basculer le coût réel, c’est tout ce qui s’ajoute autour.

Le bon repère, c’est le TAEG : un indicateur conçu pour exprimer le coût total du crédit et comparer des offres sur une base homogène.

Pourquoi le “meilleur taux” peut vous induire en erreur

Parce que le “taux” mis en avant (taux nominal / taux débiteur) ne sert qu’à calculer les intérêts. Or, sur un crédit immobilier, le coût final dépend aussi de frais imposés pour obtenir le prêt.

Le TAEG a justement été créé pour intégrer les intérêts + les frais obligatoires liés à l’octroi.

Ce que le TAEG inclut vraiment (et ce qu’il n’inclut pas)

Inclus dans le TAEG (si c’est exigé pour obtenir le prêt)

Service-public précise que le TAEG inclut notamment :

  • les frais de dossier,
  • les frais payés à des intermédiaires (ex : courtier) s’ils interviennent dans l’octroi,
  • le coût de l’assurance obligatoire,
  • les garanties obligatoires (caution, hypothèque…),
  • et plus largement “tous les frais imposés” pour obtenir le crédit (ex : frais de tenue de compte si l’ouverture de compte est exigée).

Pas inclus (ou pas toujours)

  • Les frais non nécessaires à l’obtention du prêt (options facultatives, services annexes non imposés, etc.).
  • Les coûts qui ne sont pas une condition d’octroi (ça dépend des contrats et des banques).

Les 4 postes qui font “exploser” l’écart entre taux nominal et TAEG

1) L’assurance emprunteur (quand elle est exigée)

Même si la mensualité d’assurance paraît “petite”, elle s’ajoute sur toute la durée et remonte mécaniquement le TAEG lorsqu’elle est obligatoire.

2) La garantie (caution / hypothèque)

Le TAEG intègre les frais de garanties lorsqu’ils sont imposés dans le cadre du prêt.

3) Les frais de dossier et frais d’intermédiation

Frais de dossier banque + éventuels frais d’intermédiaires intervenus dans l’octroi : ils comptent dans le coût total standardisé.

4) Les “petits” frais imposés qu’on oublie

Exemple typique : des frais de tenue de compte… si la banque rend l’ouverture de compte obligatoire pour accorder le crédit.

Exemple simple : comment un “taux plus bas” peut coûter plus cher

Imaginons deux offres (chiffres fictifs pour illustrer) :

  • Offre A : taux nominal plus bas, mais assurance plus coûteuse + garantie plus chère
  • Offre B : taux nominal un peu plus haut, mais assurance moins chère + frais réduits

Résultat possible : Offre B affiche un TAEG plus faible, donc un coût total inférieur, malgré un taux nominal moins séduisant.

C’est exactement pour éviter ce piège que le TAEG sert de boussole de comparaison.

Le test express : 6 questions à poser avant de vous décider

  1. Quel est le TAEG exact, assurance incluse ?
  2. Quels frais sont exigés pour obtenir le prêt (dossier, garantie, compte…) ?
  3. L’assurance intégrée au TAEG est-elle obligatoire dans le montage proposé ?
  4. La garantie prévue est laquelle (caution/hypothèque) et combien ça coûte ?
  5. Les frais d’intermédiation (si vous en avez) sont-ils comptés dans le TAEG ?
  6. Le TAEG reste-t-il sous le taux d’usure applicable ? (sinon, l’offre ne peut pas être accordée)

À ne pas confondre : TAEG et “seuil acceptable”

Le TAEG sert aussi à vérifier que le prêt reste en-dessous du taux d’usure, qui est un plafond légal calculé et publié par la Banque de France.

Donc même si votre “taux” est attractif, un ensemble frais + assurance peut faire grimper le TAEG… et bloquer le dossier.

Le taux nominal est un argument marketing simple à afficher. Mais si vous voulez éviter la mauvaise surprise, comparez à la même échelle : le TAEG, parce qu’il additionne les intérêts et les coûts imposés pour obtenir le crédit.

En clair : avant de vous enthousiasmer pour “le meilleur taux”, demandez le TAEG et la liste exacte des frais intégrés. C’est souvent là que se cache la vraie différence entre deux offres.