Ce que change le nouveau calcul du DPE
Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique a été révisé, avec un coefficient de conversion de l'électricité abaissé. Concrètement, les logements chauffés à l'électricité étaient auparavant pénalisés par un coefficient qui majorait artificiellement leur consommation d'énergie primaire par rapport à leur consommation réelle. Le nouveau coefficient corrige cet écart.
Cette révision a permis de reclasser environ 850 000 logements auparavant considérés comme des passoires thermiques. Un grand nombre de biens chauffés à l'électricique, souvent des appartements de taille modeste construits dans les décennies récentes, sortent ainsi des catégories F et G sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé. Le classement reflète désormais plus fidèlement leur performance énergétique réelle.
Cette réforme ne concerne pas uniquement l'étiquette affichée sur l'annonce immobilière : elle a des effets directs sur l'analyse du dossier de financement par les banques.
Effet sur l'accès au crédit et les refus de prêt
Un DPE dégradé n'est pas un critère d'exclusion automatique dans l'octroi d'un prêt immobilier, mais il pèse dans l'appréciation globale du risque. Un bien classé F ou G peut être perçu comme moins liquide, susceptible de perdre de la valeur à terme ou de nécessiter des travaux de rénovation qui alourdissent le budget global de l'acquéreur.
Avec le reclassement lié à la réforme, une partie des biens qui auraient auparavant justifié une vigilance accrue de la banque, voire un refus ou des conditions moins favorables, basculent désormais dans des catégories intermédiaires ou meilleures. Cela réduit mécaniquement le nombre de dossiers fragilisés par un DPE électrique surestimé, et facilite l'instruction de certains financements qui auraient pu être plus complexes à obtenir en 2025.
Pour l'acheteur à Lille ou à Tourcoing, cela signifie qu'un bien ancien chauffé à l'électricité, souvent disponible à des prix plus accessibles, peut désormais être financé plus sereinement, sans que le DPE ne constitue un frein supplémentaire dans la négociation avec la banque.
Valeur verte et prêts verts en 2026
La notion de valeur verte désigne la prime ou la décote appliquée à un bien immobilier en fonction de sa performance énergétique. Un bien classé A ou B bénéficie généralement d'une meilleure valorisation et peut, selon les établissements, accéder à des conditions de financement préférentielles, parfois qualifiées de prêts verts.
Avec la réforme, davantage de logements accèdent à ces catégories favorables, ce qui améliore leur solvabilité perçue par la banque et leur liquidité sur le marché de la revente. Pour un acquéreur, cela peut se traduire par un accès facilité à certaines offres bonifiées, sous réserve des conditions propres à chaque établissement bancaire.
Ce que cela implique pour l'acheteur et pour l'investisseur
Pour un acquéreur qui achète sa résidence principale, l'enjeu du DPE reste avant tout budgétaire : un bien mieux classé limite les charges énergétiques futures et facilite l'obtention du prêt dans de bonnes conditions. La réforme réduit le risque de mauvaise surprise sur des biens électriques qui étaient pénalisés par un calcul désormais jugé imprécis.
Pour l'investisseur locatif, l'enjeu est différent et reste tendu sur le calendrier réglementaire. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, et les logements classés F le seront à compter de 2028. Le reclassement lié à la réforme peut faire sortir certains biens de ces catégories interdites, ce qui change la donne pour un investisseur à Arras ou dans la métropole lilloise qui envisageait des travaux de rénovation énergétique lourds. Il reste toutefois nécessaire de vérifier le nouveau DPE du bien concerné avant toute décision d'achat, la réforme ne s'appliquant pas uniformément à tous les modes de chauffage.
Dans tous les cas, intégrer le DPE dans le montage du dossier de financement fait partie du travail du courtier : il permet d'anticiper la lecture que la banque fera du bien et d'ajuster, si besoin, le plan de financement en conséquence.
FAQ
Le nouveau DPE s'applique-t-il automatiquement aux logements déjà diagnostiqués ?
Non, un logement diagnostiqué avant le 1er janvier 2026 conserve son étiquette jusqu'à sa date d'expiration, sauf nouveau diagnostic réalisé après cette date. Un vendeur peut avoir intérêt à faire réaliser un nouveau DPE si son bien est chauffé à l'électricité et pourrait bénéficier du reclassement.
Un DPE F ou G empêche-t-il totalement d'obtenir un prêt ?
Non, ce n'est pas un motif de refus automatique. La banque l'intègre dans son analyse globale du risque, aux côtés des revenus, de l'apport et du taux d'endettement. Un DPE dégradé peut en revanche justifier une discussion sur le financement de travaux de rénovation dans le plan de financement.
La réforme concerne-t-elle aussi les logements chauffés au gaz ?
La révision porte principalement sur le coefficient de conversion de l'électricité. Les logements chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas concernés par ce même ajustement et conservent une méthode de calcul inchangée.
Faut-il refaire son DPE avant de vendre à Lille ?
Cela dépend du mode de chauffage et de la date du précédent diagnostic. Pour un bien électrique proche du seuil F ou G, un nouveau DPE peut améliorer le classement et faciliter à la fois la vente et le financement de l'acquéreur.